Zoom sur l’essai RF Vaginale :

vers une prise en charge toujours plus personnalisée des effets secondaires du cancer du sein

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme. Grâce aux progrès médicaux, détecté tôt, le cancer du sein peut être guéri dans 9 cas sur 10. Cependant, certaines femmes souffrent d’effets secondaires liés à leurs traitements. Parmi eux, la sécheresse vaginale est particulièrement handicapante, impactant la santé sexuelle et la qualité de vie.

Face aux limites des traitements actuels, un nouvel essai clinique de phase III, mené par le Centre Oscar Lambret, explore une solution innovante : la radiofréquence vaginale.

 

Zoom sur l’essai RF Vaginale 

 

L’essai RF Vaginale est un essai de phase III randomisé évaluant l’efficacité et la tolérance de la radiofréquence vaginale dans la prise en charge de l’atrophie et de la sécheresse vulvovaginale des patientes traitées pour un cancer du sein. 

Les traitements du cancer du sein, notamment l’hormonothérapie, entraînent souvent une sécheresse vaginale invalidante. Malheureusement, les traitements hormonaux (traitement hormonal de la ménopause ou estrogènes locaux), efficaces contre ces symptômes, sont contre-indiqués après un cancer du sein. 

Actuellement, la prise en charge de la sécheresse vaginale chez ces patientes repose sur des crèmes hydratantes non hormonales, mais leur efficacité reste modérée. Face à ce constat, l’essai RF Vaginale, vise à étudier la radiofréquence vaginale comme traitement alternatif aux patientes ne pouvant pas utiliser les traitements hormonaux classiques.

La fréquence des symptômes de sécheresse vaginale et l’impact sur la qualité de vie doit nous faire réfléchir sur les études à mener pour améliorer la prise en charge. L’efficacité clinique de cette technique est encore peu évaluée dans la littérature notamment chez les patientes prises en charge pour un cancer du sein. Actuellement, les études concernant la radiofréquence vaginale sont associées à un faible niveau de preuve. Cette étude randomisée de phase III permettra de mesurer rigoureusement l’efficacité de la radiofréquence vaginale du point de vue de la patiente. Les résultats de cet essai, s’ils sont positifs, pourraient faire évoluer nos pratiques cliniques 

explique le Dr Julie Demetz, gynécologue au Centre.

La radiofréquence vaginale : vers une nouvelle solution thérapeutique

 

L’étude prévoit d’inclure 75 patientes dans cinq centres hospitaliers en France (Centre Oscar Lambret, CHU de Lille, Caen, Rouen, Rennes…) et vise à comparer deux groupes de patientes :

  • Un groupe recevant uniquement un traitement hydratant local
  • Un groupe bénéficiant en plus de trois séances de radiofréquence vaginale

L’objectif principal est d’évaluer l’effet de la radiofréquence sur la sécheresse vaginale et la douleur lors des rapports après six mois.

« Nous prévoyons une évaluation gynécologique par un médecin observateur à l'aveugle de la randomisation ce qui permettra une mesure objective de l’effet du traitement ainsi qu’une étude de la corrélation entre les symptômes ressentis par la patiente (critère de jugement principal) et l’évaluation médicale (critère secondaire). Les bénéfices attendus sont une diminution des douleurs et de la sécheresse vaginale ; une amélioration de la qualité de vie et de la santé sexuelle ainsi qu’une meilleure observance de l’hormonothérapie, en réduisant les arrêts prématurés dus aux effets secondaires »

précise le Dr Julie Demetz.

Zoom sur la radiofréquence vaginale 

 

Ce traitement repose sur l’utilisation d’une sonde qui chauffe légèrement les tissus vaginaux afin de stimuler la régénération des muqueuses. Les séances sont courtes (15-20 minutes) et indolores.

La radiofréquence vaginale vise à stimuler la production de collagène et favoriser la lubrification naturelle du vagin.

Les patientes recevront trois séances espacées d’un mois. Si l’étude prouve son efficacité, cette technique pourrait devenir un nouveau standard de prise en charge des effets secondaires du cancer du sein.

« Aujourd’hui, la radiofréquence vaginale n’est pas encore remboursée, mais des résultats positifs d’études comme celle-ci apporteront des données scientifiques  pour changer les recommandations médicales et faciliter l’accès à cette technique », conclut le Dr Julie Demetz. 

Cet essai est soutenu par un financement PHRC et par le soutien précieux de nos donateurs. 

Publié le 27 mars 2025

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