Recherche pédiatrique :

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Chaque année 2500 enfants, adolescents et jeunes adultes sont atteints d’un cancer. Des progrès considérables permettent d’obtenir aujourd’hui une guérison d’environ 80% des patients. Cependant, 20% d’entre eux décèdent encore de leur cancer. 

Le Centre Oscar Lambret, centre référent pour le traitement des tumeurs solides pédiatriques, se bat au quotidien pour faire reculer la maladie. Les efforts déployés par nos équipes portent désormais leurs fruits, avec des progrès significatifs qui suscitent l'espoir de découvrir de nouvelles solutions thérapeutiques.

 

Comprendre pour mieux traiter

 

Les cancers sont caractérisés par une accumulation de mutations (erreurs dans leur code génétique) plus ou moins précoces dans l’apparition et l’évolution de la tumeur. 

Notre équipe de recherche travaille en particulier sur le GITC (gliome infiltrant du tronc cérébral), la forme de tumeur cérébrale pédiatrique certainement la plus agressive. Depuis quelques années, ils étudient en particulier une de ces mutations de l’ADN nommée « H3.3K27M » très spécifique des GITC, identifiée comme élément déclencheur de la maladie mais dont le rôle dans l’échec thérapeutique demeure méconnu.

Nos efforts de développement de modèles cellulaires et leur caractérisation (notamment l’identification des gènes exprimés ou non en présence et en l’absence de la mutation) ont porté leurs fruits. Ils nous indiquent que la clé pourrait se situer au niveau du métabolisme des cellules de GITC. Le métabolisme, profondément dérégulé dans ces cellules, est au centre de nombreux processus cellulaires mais aussi intimement lié à de nombreux mécanismes de résistance aux traitements 

explique le Dr Samuel Meignan, Directeur de notre unité de recherche UTRT au Centre Oscar Lambret.

La tumeur en ligne de mire 

 

Ces travaux ont également mis en exergue le rôle crucial des neurones, et ainsi du microenvironnement de la tumeur, dans la progression de la maladie. C’est convaincu que la clé de la guérison ne réside pas dans la seule compréhension de la cellule cancéreuse que l’équipe travaille depuis plusieurs années au développement d’un modèle de tumeur-sur-puce propre au GITC. Celui-ci, visant à reproduire toujours plus fidèlement une tumeur de GITC observable en laboratoire et en temps réel, est aujourd’hui pleinement opérationnel. 

Depuis 2024, grâce à un partenariat avec la tumorothèque et le CHU de Lille, ce sont des prélèvements directement issus de biopsies de patients que nous sommes à même d’étudier dans ce dispositif, se rapprochant encore davantage de la réalité de la tumeur. « L’intérêt de notre tumeur-sur-puce a également été reconnu à travers l’obtention d’une subvention de l’INCa (Institut National du Cancer) nous ayant permis le recrutement d’une Ingénieure de Recherche dédiée à ce projet », précise le Dr Samuel Meignan.

 

Des partenariats nationaux renforcés et une labellisation nationale d’excellence

 

Ces travaux d’envergure, faisant appel à de nombreux savoir-faire, bénéficient du regroupement des équipes lilloises de recherche en cancérologie, dont l’UTRT, au sein de l’Institut pluridisciplinaire OncoLille. Mais ces projets s’inscrivent aussi dans un cadre national, avec des expériences croisées et complémentaires menées, sur nos modèles cellulaires, à Lyon, Marseille, Strasbourg et Paris notamment, tirant ainsi le meilleur bénéfice des expertises de chacun au sein d’un consortium ayant obtenu une subvention de la Ligue Nationale contre le Cancer.

Cette excellence et cet esprit de collaboration ont aussi été reconnus en 2023 par l’Institut National du Cancer (INCa), nous labellisant centre d’excellence PEDIACRIEX en association avec nos homologues de Strasbourg et Nancy. Nos équipes engagées contre les tumeurs cérébrales de l’enfant ont ainsi été récompensées pour le programme pluriannuel EN HOPE SMART4CBT, un grand programme de recherche pluridisciplinaire alliant Biologie et Sciences Humaines et Sociales, renforçant les échanges déjà à l’œuvre dans l’interrégion Nord-Est dans le cadre des soins.

 

Une collaboration au niveau international

 

Au-delà de ces collaborations locales et nationales fortes, nos projets s’inscrivent désormais dans un cadre international. Nous avons ainsi été sollicités par le Dr Matt Dun (Newcastle, Australie) et nous avons participé à leur étude identifiant une combinaison thérapeutique particulièrement prometteuse et apparaissant comme une vraie percée dans le traitement des DIPG.

L’UTRT a également tissé des liens forts avec l’équipe du Pr Nada Jabado, à l’Université McGill de Montréal (Canada), une experte mondialement reconnue dans la découverte et l’étude de cette mutation. Dans un esprit de collaboration et de partage, le Pr Jabado nous a procuré gracieusement ses propres modèles cellulaires, permettant ainsi une accélération des recherches menées à l’UTRT. Cette collaboration s’est depuis intensifiée, avec des expériences qui seront menées cette année, au Canada, par le Dr Faria Andrade dans le cadre de nos projets. 

 

Publié le 12 février 2025

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